MALADIE D’ALZHEIMER : ENCORE DES MOMENTS DE JOIE !

Article rédigé par le Docteur Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation, à l’occasion de la journée internationale du bonheur,

Les personnes souffrant d’une maladie d’Alzheimer changent, c’est indéniable. Ce qui les rendaient heureuses autrefois, peut les laisser de marbre aujourd’hui. Mais cela ne veut pas dire que les moments de joie n’existent plus …

Éprouver de la joie, remplir son quotidien de petits bonheurs simples : ce n’est pas seulement utile, c’est tout simplement essentiel à la vie. Or ce n’est pas parce que la maladie d’Alzheimer est bien présente que les malades n’ont plus de moments de plaisir, eux aussi. Et ce n’est pas parce qu’ils ne s’en souviennent pas que ces moments n’existent pas ou ne comptent plus.

Se faire plaisir : le moteur de la vie

Le cerveau et la moelle épinière peuvent sécréter des dérivés morphiniques : les endorphines. Les moments de bonheur et de plaisir, aussi courts soient-ils, favorisent leur sécrétion. Or ces endorphines ont la propriété d’atténuer la douleur et d’améliorer la motricité, le sommeil, etc. Tout ce qui contribue au bien-être améliorerait par ailleurs les connexions entre les neurones et les récepteurs des neuromédiateurs (ces substances chargées de délivrer des messages à l’intérieur du cerveau). A l’inverse, les personnes isolées et délaissées seraient davantage vulnérables aux maladies (diabète, hypertension artérielle, infarctus du myocarde). Autant de raisons pour cultiver ces petits moments de joie tout au long de la journée.

Des petits bonheurs différents, mais des petits bonheurs bien présents !

Quand on donne beaucoup de son temps pour aider son proche malade, l’envie de lui faire plaisir est bien sûr très présente. La déception, lorsque ces efforts restent vains, n’en est donc que plus grande. De là à penser qu’il n’y a plus rien à faire, il y a un pas à ne surtout pas franchir : en effet, cela veut juste dire que son proche a changé et ce n’est qu’une fois accepté cette réalité, qu’il devient possible de découvrir avec lui, ce qui lui fait le plus plaisir désormais.

Pour certains, autrefois casaniers, c’est de sortir ! Pour d’autres qui n’avaient pas spécialement la fibre artistique, ce peut-être de peindre ou de s’adonner à des travaux manuels (art thérapie). Ou encore, de chanter et de danser, même si le lendemain, paroles et pas de danse sont déjà oubliés. Ce qui compte, c’est le plaisir de faire et non la recherche de la performance …

 

Entourage joyeux, ambiance au beau fixe : tout compte

Parfois, les dysfonctionnements du cerveau conduisent à des levées d’inhibition (c’est encore plus marqué en cas d’atteinte du lobe frontal du cerveau). La personne malade ne s’interdit plus quoi que ce soit au nom de la raison ou des conventions sociales. Débarrassée de ce «filtre», elle se laisse davantage guider par son instinct et par sa sensibilité. Elle devient encore plus perméable à la bonne humeur de son entourage et à une atmosphère joyeuse dans son lieu de vie : elle peut même se mettre à rire, juste parce qu’elle entend rire autour d’elle. La gaité devient communicative. Un plaisir à ne surtout pas bouder !

 

• Source :

• Art thérapie et maladie d’Alzheimer : quand les couleurs remplacent les mots qui peinent à venir, de Christine Hof, Ed. Chronique sociale,2006.

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