Malades d’Alzheimer : quelles activités pour les distraire ?

19 juillet 2022

Les vacances approchent et vous allez peut-être passer plus de temps avec votre proche malade d’Alzheimer. Comment occuper ces moments précieux de façon agréable et bénéfique ? Voici une sélection d’activités adaptées.

Le pire ennemi d’un malade Alzheimer est l’inactivité ! Elle engendre ennui, anxiété, agitation, repli sur soi, perte d’assurance… et par conséquent, n’oppose plus de frein au déclin cognitif ! Pour l’éviter, rien de tel que des activités régulières, assez longues pour le distraire, assez courtes pour ne pas le fatiguer, qui sollicitent son cerveau, ses mains et/ou son corps tout entier. Si vous êtes en quête d’idées, voici une liste de suggestions.

  • Des activités stimulantes pour le cerveau :

Activités souvenirs. La mémoire étant la faculté la plus menacée par la maladie d’Alzheimer, il est important de la stimuler, sans pour autant mettre votre proche en échec. Pour cela, sollicitez de préférence la mémoire à long terme, moins atteinte que la mémoire à court terme, en puisant dans ses souvenirs les plus anciens. Les moyens les plus sûrs de les raviver sont les plus concrets : manipuler un objet de famille, regarder des images anciennes, écouter des chansons de jeunesse, la musique de son mariage, visiter un lieu fréquenté autrefois, retrouver des cousins ou amis d’enfance… La confection d’un album photo commenté ou l’écriture d’une autobiographie, sous forme de recueil de souvenirs, peuvent servir d’accroche efficace. Il existe même des jeux conçus dans ce but : à titre d’exemple, « C’était comment avant ? » invite au partage d’histoires, à partir de cartes avec des photographies rétro qui sollicitent la mémoire visuelle des joueurs. Votre proche sera fier de vous apprendre éventuellement des détails sur une partie de sa vie ou une période d’histoire que vous n’avez pas connue. Et, même s’il ne parle pas beaucoup, le rappel de ces bons moments réactivera chez lui les émotions positives qui y étaient associées.

Jeux de réflexion. Pour solliciter le cerveau de façon plus générale, les jeux de société et de réflexion sont des alliés aussi distrayants qu’efficaces. Ils exigent de la concentration, de la logique, de l’imagination, de la mémoire, la construction d’une stratégie, la mobilisation du langage… Privilégiez les règles simples et déjà connues de votre proche. À cet égard, les grands classiques sont des valeurs sûres : échecs, scrabble, domino, mémory (visuel, tactile, auditif…), puzzles, cartes… Sachez que des sites dédiés aux personnes âgées, comme Agoralude ou Facilavi, proposent des versions de ces jeux en très grand format, adaptées aux éventuels problèmes de vue. N’hésitez pas à jouer en équipe pour que les chances de gagner soient également réparties !

  • Travailler de ses mains, c’est bon pour la fierté !

Activités créatrices. Non seulement ces activités stimulent de façon ludique de nombreuses facultés cérébrales (imagination, capacité d’attention, mémoire, coordination…), mais elles permettent au malade Alzheimer de se prouver qu’il est encore capable de produire de belles choses. Appuyez-vous sur ces talents et goûts personnels pour mener ces ateliers artistiques : poterie, coloriage, dessin, collage, couture, tricot, musique, danse, chant… Pour l’aider à se lancer, le mieux est de s’y mettre à plusieurs : cela lui donnera confiance et lui permettra de partager ses impressions et émotions.

Tâches de la vie quotidienne. Sans doute seriez-vous spontanément tenté d’écarter votre proche des tâches quotidiennes, par souci de les accomplir vite ou de lui éviter toute fatigue. Impliquez-le au contraire ! Sans compter que la plupart de ces occupations solliciteront sans en avoir l’air diverses facultés cognitives (coordination, concentration, mémoire…) et motrices, ces moments partagés ensemble lui donneront l’impression d’être utile en vous aidant. Confiez-lui une mission simple qui correspond à ses goûts et à ses capacités actuelles : essuyer les plats que vous avez lavés, réaliser les étapes faciles d’une recette (peser les ingrédients, mélanger, beurrer le moule…), plier les draps, trier les chaussettes, réaliser de menus travaux de bricolage, préparer des semis, arroser les plantes, remplir le composteur… Son autonomie et son estime de soi en sortiront renforcées.

  • Un peu d’exercice physique pour préserver son autonomie

L’adage « un esprit sain dans un corps sain » vaut aussi (voire davantage) pour les malades Alzheimer ! Le maintien d’une activité physique régulière freine le déclin des fonctions cognitives et la survenue de la dépendance. Défouler son corps est essentiel pour éviter de nombreux troubles du comportement liés à la maladie Alzheimer (problèmes de sommeil, agitation, déambulation, variations de l’humeur, anxiété, perte d’appétit, dépression…).

De plus en plus de clubs et associations proposent la pratique de disciplines sportives adaptées en groupe : tennis de table, arts martiaux, gymnastique douce, yoga… Elles présentent l’avantage de maintenir la personne en forme (en favorisant l’équilibre, la coordination des mouvements, la souplesse articulaire, la tonicité musculaire, l’oxygénation du cerveau…), sans pour autant la mettre en danger (pas de risque de chute, de choc etc.).

Et surtout, n’oubliez pas qu’à lui seul, le quotidien fournit mille petites occasions d’exercices physiques à ne pas laisser passer : envoyer votre proche chercher le courrier dans la boite aux lettres du jardin, prendre le temps de faire en trajet à pied plutôt qu’en voiture, servir les repas dans la salle à manger plutôt que de lui apporter dans sa chambre, jardiner…