L’AD/PD 2026, Alzheimer’s and Parkinson’s Diseases Conference s’est tenue cette année à Copenhague du 27 au 21 mars.

Pour la première fois le Grand Prix Européen et le Prix Jeune Chercheur décernés par le Comité Scientifique de la Fondation recherche Alzheimer ont été remis pendant la séance d’ouverture du congrès. Les Lauréats 2026 sont respectivement Michel Heneka (Luxembourg) et Jacob Vogel (Lund).

Concernant la maladie d’Alzheimer, plusieurs présentations ont apporté des nuances à une vision trop centrée sur la pathologie amyloïde.

Bart de Strooper (Louvains), a fait une remarquable présentation intitulée « Quand devrions-nous traiter la maladie d’Alzheimer ? » Son hypothèse est que la maladie évolue non pas de façon linéaire mais en 5 phases avec trois points d’inflexion : l’activation de la microglie, la mise en jeu de la pathologie Tau et enfin la perte neuronale, stade non réversible. Les cibles doivent donc être différentes selon les stades de la maladie visés. Cependant, à un même moment, peuvent coexister des stades différents d’une région cérébrale à l’autre. Cela pourrait expliquer que l’efficacité clinique des immunothérapies anti-amyloïde reste modeste car seules certaines régions cérébrales, celles aux stades les moins avancés, en tireraient bénéfice.

Michael Heneka (Luxembourg) a pris la parole pour décrire en détail le rôle de la réaction immunitaire dans la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer. L’activation microgliale chronique y joue un rôle central. Une activation immunitaire prolongée détourne la microglie de ses fonctions physiologiques. Initialement destinée à protéger le cerveau, l’activation chronique de plusieurs voies immunitaires contribue au dysfonctionnement cognitif et à la neurodégénérescence.

Giovanni Frisoni quant à lui a proposé un modèle probabiliste de la maladie d’Alzheimer. Son constat est que si la cascade amyloïde est la cause essentielle de la MA pour 1/3 des patients, dans 2/3 des cas d’autres mécanismes sont prégnants et il est essentiel de les prendre en compte pour le traitement.  La pathologie de la maladie d’Alzheimer est en effet la résultante de plusieurs éléments : l’amyloïde, la génétique, la résilience, et les co-pathologies. Selon lui la question que doit se poser un médecin devant ces patients ne doit plus être : « quelle est la maladie responsable des troubles cognitifs » de ce patient, mais : « quelle proportion des troubles cognitifs de ce patient est due à la maladie d’Alzheimer ».

En janvier 2025 une publication avait rapporté que l’étude Clarity (phase 3 du lecanemab) montrait une différence d’efficacité entre hommes et femmes. Une présentation de Stefan Teipel a abordé cette question d’une possible différence d’efficacité des anticorps anti-amyloïdes entre les sexes au moyen d’une analyse bayésienne, des études Clarity et Trailblaizer. Selon cette analyse : le lecanemab s’y montrait moins efficace chez les femmes, alors qu’il n’apparaissait pas de différence d’efficacité entre les sexes pour le donanemab.

Sémaglutide : confirmation des résultats négatifs de l’étude Evoke.

Après la déception à l’annonce des résultats préliminaires à l’AAIC en juillet 2025 des résultats des 2 études Evoke et Evoke+ du sémaglutide  – un agoniste GLP-1, par voie orale – dans la maladie d’Alzheimer, la plus grande salle du congrès de l’AD/PD était pleine pour écouter l’annonce des résultats complets. L’espoir est vite retombé : aucune différence d’efficacité n’a été observée, sauf un très léger effet sur un biomarqueur, mais insuffisant pour résulter en un bénéfice clinique. Cette piste GLP-1, en dépit de données préclinique et en vie réelle qui semblaient encourageantes, s’avère donc être une impasse, en tous cas pour la population explorée dans le programme Evoke : patients amyloïdes positifs, au stade prodromique ou léger de maladie d’Alzheimer.

Concernant les synucléinopathies, maladie de Parkinson et maladie à corps de Lewy, les essais cliniques sont moins nombreux. On peut néanmoins se réjouir de l’annonce du passage en phase 3, la phase de développement la plus avancée, de deux produits : le prasinézumab et le neflamapimod.

Maladie de Parkinson : des résultats encourageants de la phase 2 du prasinézumab.

L’étude PADOVA était une étude de phase 2 testant un anticorps anti-alpha-synucléine, le prasinézumab, chez des patients atteints de maladie de Parkinson. Près de 600 patients ont été inclus et ont reçu pendant 76 semaines le prasinézumab ou un placebo. L’analyse sur le critère principal d’efficacité – le retard à la progression des symptômes moteurs – n’a pas montré de différence significative entre les deux groupes avec néanmoins une tendance en faveur du groupe traité (HR= 0,84, p=0,0657). Selon le sponsor de l’étude (Roche) la possibilité d’introduire la L-DOPA en cours d’étude a pu masquer une partie de la différence entre le groupe prasinézumab et le groupe placebo. Au vu de ces résultats, jugés encourageants, le laboratoire a donc décidé de poursuivre le développement en phase 3 (étude PARAISO).

Maladie à corps de Lewy: Neflamapimod

Le laboratoire CervoMed a annoncé des résultats positifs de son essai de phase 2b, RewinD-LB dans la maladie à corps de Lewy (NCT05869669), étude de 16 semaines portant sur 159 patients, démontrant que le neflamapimod, améliorait significativement le critère d’évaluation principal –  CDR-SB ( différence groupe neflamapimob vs placebo de –0.58 (P = .024) – et réduisait les biomarqueurs neurodégénératifs. La société prévoit de préparer, en concertation avec la FDA un essai de phase 3.

Enfin, il faut souligner la place croissante prise par l’IA dans la recherche sur les maladies neurodégénératives. En particuler, Aviv Regev (Genentech) a décrit comment la recherche clinique peut être transformée et considérablement accélérée par la construction d’un atlas de l’expression génétique des multiples sous-types cellulaires de nos organes et de leurs variations pathologiques permettant des essais « in silico » et conduisant à une médecine individualisée.

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