Christophe Hirtz, Chu de Montpellier
La maladie d’Alzheimer évolue souvent silencieusement pendant de nombreuses années avant l’apparition des premiers troubles de la mémoire. Aujourd’hui, les biomarqueurs utilisés en clinique permettent principalement de détecter l’accumulation de certaines protéines, comme l’amyloïde et la protéine tau. Ces marqueurs sont essentiels, mais ils ne reflètent pas toute la complexité des mécanismes biologiques impliqués dans la maladie.
Notre projet propose d’explorer une nouvelle piste : les modifications chimiques de l’ARN. L’ARN joue un rôle central dans le fonctionnement des cellules, notamment des neurones. Comme un message biologique, il peut être modifié chimiquement, ce qui influence la manière dont les cellules répondent au stress, produisent des protéines ou maintiennent leur équilibre. Ces modifications, appelées épitranscriptomiques, pourraient être perturbées dans la maladie d’Alzheimer, en lien avec le stress oxydatif, les dysfonctionnements mitochondriaux et les mécanismes de neurodégénérescence.
Nous allons analyser ces modifications de l’ARN dans le liquide céphalorachidien, un liquide en contact direct avec le cerveau et la moelle épinière. Grâce à des technologies très sensibles de spectrométrie de masse, nous chercherons à identifier des signatures biologiques spécifiques chez des patients atteints de maladie d’Alzheimer, en les comparant à des sujets contrôles et à des patients atteints d’autres maladies neurodégénératives.
L’objectif est double : mieux comprendre les mécanismes précoces de la maladie et identifier de nouveaux biomarqueurs capables d’améliorer la stratification des patients. À terme, ces résultats pourraient contribuer à mieux diagnostiquer la maladie, mieux suivre son évolution et ouvrir de nouvelles pistes pour la recherche thérapeutique.
Durée du financement : 2 ans





