Géraldine Rauchs, UNICAEN | Université de Caen Normandie
Le sommeil est un pilier de notre santé cérébrale et cognitive. Il joue un rôle crucial dans la consolidation des souvenirs en mémoire à long terme, la régulation des émotions et le fonctionnement du cerveau tout au long de la vie. Le sommeil se modifie avec l’avancée en âge : il devient plus léger, plus fragmenté, et certains troubles tels que l’apnée du sommeil sont également fréquents chez le sujet âgé. Longtemps considérées comme de simples conséquences du vieillissement, ces altérations du sommeil pourraient augmenter le risque de développer la maladie d’Alzheimer.
En effet, de nombreuses études suggèrent qu’un sommeil de mauvaise qualité pourrait favoriser l’apparition des lésions caractéristiques de la maladie, notamment l’accumulation de protéines toxiques dans le cerveau. Cependant, toutes les personnes ne semblent pas exposées au même niveau de risque. Des facteurs biologiques, psychologiques ou liés au mode de vie pourraient rendre certains individus particulièrement vulnérables aux effets délétères d’un mauvais sommeil sur le cerveau.
Ce projet vise à mieux comprendre comment ces différents facteurs influencent les conséquences d’un sommeil perturbé sur le cerveau au cours du vieillissement. Pour cela, nous analyserons les données de près de 300 adultes âgés suivis en France et au Canada pendant plusieurs années. Ces participants ont bénéficié d’évaluations approfondies du sommeil, de leur fonctionnement cognitif, d’examens d’imagerie cérébrale ainsi que de prélèvements sanguins permettant de détecter précocement les marqueurs de la maladie d’Alzheimer.
Nous chercherons notamment à déterminer si certains facteurs tels que le sexe, la prédisposition génétique, les symptômes d’anxiété ou de dépression, les facteurs de risque cardiovasculaire ou le niveau d’activité physique, façonnent l’impact des troubles du sommeil sur le vieillissement cérébral. Nous étudierons également si les perturbations du sommeil sont associées à une évolution moins favorable des fonctions cognitives, notamment de la mémoire, et de la santé mentale au fil du temps.
Mieux comprendre le rôle du sommeil dans le risque de maladie d’Alzheimer représente une opportunité unique d’agir sur un facteur potentiellement modifiable. En identifiant les personnes les plus vulnérables à ses effets délétères, ce projet pourrait ouvrir la voie à des stratégies de prévention plus précoces et plus personnalisées, avec l’ambition de préserver la santé du cerveau et les capacités cognitives au cours du vieillissement.
Durée du financement : 2 ans





