On le sait, les animaux de compagnie font du bien au moral. Mais saviez-vous qu’ils peuvent aussi avoir un véritable impact positif sur la santé, en particulier pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ? En plus d’être de fidèles compagnons, chiens, chats ou même oiseaux apportent un soutien précieux au quotidien, capable de ralentir l’évolution de la maladie. Explications.

Une étude suédoise publiée en 2022 dans l’International Journal of Geriatric Psychiatry a suivi, pendant trois ans, 223 patients atteints d’Alzheimer à un stade léger. Parmi eux, 18 % vivaient avec un animal de compagnie. Résultat : ces derniers se montraient, à terme, plus autonomes, moins anxieux et en meilleure forme cognitive que les autres. Pourquoi ? Voici 5 effets bénéfiques que peut avoir un animal de compagnie sur un malade d’Alzheimer.

1. Une présence apaisante, jour après jour

Un animal est un repère constant. Même si la personne est entourée, ses proches ne peuvent être présents en permanence. L’animal, lui, est toujours là. Et cette présence régulière et affectueuse rassure, réduit la sensation de solitude et diminue le stress.

Le simple fait de caresser son compagnon, de le regarder ou de jouer avec lui agit sur le corps : cela fait baisser le cortisol (l’hormone du stress) et augmente l’ocytocine, l’hormone du bien-être. Un vrai cocktail apaisant pour des personnes souvent sujettes à l’anxiété.

2. Une façon de se sentir encore utile

Même si la maladie progresse, prendre soin d’un animal donne au malade un rôle actif. Nourrir, brosser, parler à son compagnon : autant de gestes simples mais essentiels, qui permettent à la personne de se sentir responsable et de garder une forme de contrôle sur son quotidien.

Cette sensation de rester « capable » nourrit l’estime de soi, souvent mise à mal dans le cadre d’Alzheimer.

3. Des journées mieux rythmées

Les animaux ont leurs habitudes, et ils savent très bien les faire respecter ! Heure des repas, promenade, moments de jeu… Le maître est naturellement incité à suivre une routine. Et c’est une excellente chose : pour une personne atteinte d’Alzheimer, ce cadre régulier structure la journée, évite le repli et diminue les repères flous dans le temps.

Et si par malheur une tâche est oubliée, pas d’inquiétude : l’animal saura gentiment le rappeler en réclamant sa gamelle ou en attendant devant la porte avec sa laisse !

4. Une passerelle vers les autres

Un animal, c’est aussi un formidable vecteur de lien social. En sortant le promener ou en allant chez le vétérinaire, la personne va rencontrer du monde et échanger quelques mots. Le compagnon à quatre pattes attire la sympathie et facilite naturellement les interactions sociales.

Et même à la maison, il peut être source de nouvelles discussions avec les proches : « Tu as vu comme il grandit ? », « Il a appris un nouveau tour ! », ou encore « Il a fait une sacrée bêtise ce matin… ».

5. Une stimulation douce et constante

Marcher, jouer, donner des consignes simples, se souvenir de la dernière visite chez le vétérinaire : vivre avec un animal sollicite à la fois le corps et l’esprit. Ce sont autant de petites tâches qui permettent de maintenir la mémoire, l’attention et la motricité, tout en douceur, sans pression.

Ce type de stimulation régulière, intégrée dans le quotidien, est particulièrement bénéfique pour ralentir la perte d’autonomie.

En conclusion

Offrir ou adopter un animal pour une personne atteinte d’Alzheimer, ce n’est pas « juste » pour lui tenir compagnie. C’est lui donner un allié thérapeutique, un compagnon de vie qui rassure, stimule et crée du lien.

Évidemment, chaque situation est unique : il est essentiel de bien réfléchir au type d’animal et à l’organisation nécessaire pour en prendre soin. Mais quand c’est possible, le bénéfice est immense — pour le malade comme pour son entourage.

Quel animal choisir?

Tout dépend de la forme du malade et de sa capacité à s’occuper d’un animal :

  • Le chien : Particulièrement démonstratif, le chien est un très bon soutien moral et le meilleur allié pour maintenir l’exercice physique, car il ne peut se passer de ses promenades quotidiennes. Il est parfait pour une personne à un stade léger de la maladie.
  • Le chat : Plus autonome et moins bruyant que le chien, il convient mieux aux personnes à mobilité réduite, qui supportent mal l’agitation. Comme il ne demande que des soins assez simples, il est encore possible de s’en occuper seul à un stade modéré de la maladie.

Quand les malades souffrent de troubles de l’équilibre, mieux vaut privilégier les animaux d’intérieur, qui vivent en cage et qui exigent peu de soins :

  • Les oiseaux: Leur chant, leur grâce et leurs couleurs mettent de la vie dans la maison.
  • Les rongeurs: Ce sont les seuls animaux en cage qu’il est possible de caresser et de manipuler facilement.
  • Le poisson : C’est l’animal de compagnie le plus discret. La vision de ses mouvements souples et lents dans l’eau est très apaisante. Idéal pour une personne à un stade avancé de la maladie !

La zoothérapie : une alternative intéressante…

Vous avez conscience des avantages de l’animal pour un malade Alzheimer, mais vous ne vous sentez pas d’en adopter un pour votre proche ? Il existe aussi la possibilité de participer régulièrement à des ateliers de médiation animale ou de zoothérapie, qui permettent de profiter de ces bienfaits, sans le poids des contraintes.

Retrouvez l’étude suédoise ICI

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