La maladie d’Alzheimer concerne plus d’1 million de malades en France et 225 000 nouveaux cas apparaissent chaque année.

Un autre chiffre marquant, concernant cette pathologie, passe souvent inaperçu : deux malades sur trois sont des femmes, comme le montre une étude sur la prévalence réalisée par la Fondation Recherche Alzheimer avec Ipsos-BVA en 2025.

Cette dimension féminine de la maladie d’Alzheimer est d’autant plus marquée que l’histoire même de la maladie commença avec une femme, Auguste Deter, première patiente décrite en 1901, dont l’observation clinique par le Dr Aloïs Alzheimer lança plus d’un siècle de recherches. Pourtant, malgré cette origine, la recherche a longtemps étudié Alzheimer sans intégrer pleinement la variable du sexe.

 

Une différence de longévité mais pas seulement…

Longtemps on a pensé que l’écart entre hommes et femmes était uniquement dû à la différence de longévité.

En effet, en France, en 2025, l’espérance de vie des femmes à la naissance est de 85,9 ans, tandis que celle des hommes est de 80,3 ans (source https://www.insee.fr/fr/statistiques/2416631)

Alzheimer étant une maladie de plus en plus fréquente avec l’avancée en âge, cela pouvait sembler une explication suffisante. Mais à âge égal, les écarts face à la maladie d’Alzheimer persistent.

Désormais, pour expliquer ces écarts, les chercheurs s’intéressent à plusieurs autres pistes que la longévité, comme les différences hormonales entre femmes et hommes. La ménopause, par exemple, modifie l’équilibre cérébral en raison de la chute des œstrogènes.

Des facteurs génétiques liés au chromosome X pourraient également jouer un rôle. C’est une piste tout à fait nouvelle de recherche soutenue par la Fondation (projet du Dr Julien Chapuis, Pasteur Lille)

Mais la biologie ne suffit pas : les « facteurs psychosociaux » comme le stress, les inégalités d’accès aux soins ou au sport influencent aussi la santé cognitive. Comme le rappelle Géraldine Rauchs, rédactrice en chef de la revue Syn’Alz dans sa tribune parue dans le journal Le Monde : « Alzheimer n’est pas neutre concernant le sexe ».

 

Plus touchées par la maladie d’Alzheimer elle-même, les femmes sont également en première ligne en tant qu’aidantes.

De nombreuses femmes cumulent travail, famille et soutien à un proche malade.

A nouveau, notre étude réalisée en 2025 avec Ipsos-BVA, a révélé que 57 % des proches aidants de malades sont des femmes. Elles sont âgées en moyenne de 56 ans et 63 % d’entre elles exercent encore une activité professionnelle.

Cette implication auprès d’un proche malade (mari ou parent) ne se limite pas à l’accomplissement de tâches concrètes. Elle implique une mobilisation mentale permanente, une attention continue et, fréquemment, des sacrifices personnels significatifs : ralentissement de la carrière, épuisement durable, isolement social, précarité financière accrue. Autant de charges invisibles, ignorées par les indicateurs économiques, mais dont l’impact réel marque profondément et durablement les parcours de vie.

 

Une question de santé publique qui doit devenir majeure

Cette question des femmes dans la maladie d’Alzheimer a été trop longtemps ignorée.

C’est pourquoi la Fondation Recherche Alzheimer a lancé en mars deux initiatives scientifiques et de sensibilisation, comme la conférence Digit’Alz organisée dans le cadre de la Semaine du Cerveau 2026 ou la revue Syn’Alz dont le n° 2 est consacré à ce thème. Ces initiatives invitent à repenser la recherche en intégrant le sexe comme variable centrale, à analyser les liens entre hormones, génétique et vieillissement cérébral, à mieux comprendre les différences cognitives entre femmes et hommes, mais aussi à reconnaître l’épuisement trop fréquent des proches aidantes.

 

Pour aller plus loin sur le sujet, commander la revue Syn’Alz

Lire la tribune parue dans Le Monde

L’article de 20 minutes sur le sujet

Voir ou revoir la conférence en ligne Digit’Alz animée par Michel Cymes

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