L’essentiel à retenir
Le congé de proche aidant permet de suspendre ou de réduire son activité pour accompagner une personne en perte d’autonomie, sans condition d’ancienneté et sans que l’employeur puisse le refuser. Il peut être indemnisé par l’allocation journalière du proche aidant, fixée en 2026 à 66,64 euros par jour, dans la limite de 22 jours par mois et de 66 jours par personne aidée. Les droits sociaux et l’ancienneté sont préservés pendant toute la durée du congé.
Accompagner un proche atteint de la maladie d’Alzheimer bouleverse l’organisation du quotidien, et la question de concilier cet engagement avec une activité professionnelle se pose très vite. Beaucoup d’aidants ignorent qu’un dispositif légal existe précisément pour cela, ou renoncent devant la complexité apparente des démarches. Le congé de proche aidant permet pourtant de dégager du temps sans sacrifier sa carrière ni ses droits à la retraite. Nous vous proposons de faire le point sur les conditions, les démarches, la durée et l’indemnisation, avec les chiffres applicables en 2026.
Sommaire
Qui peut en bénéficier et pour quel proche
Le dispositif est ouvert largement, à condition de remplir deux séries de critères.
Votre situation professionnelle
Le congé est accessible aux salariés du secteur privé sans condition d’ancienneté, ce qui est une particularité notable par rapport à d’autres congés. Les agents publics disposent d’un dispositif équivalent, et les travailleurs indépendants ainsi que les demandeurs d’emploi indemnisés peuvent, sous conditions, prétendre à l’allocation sans passer par un congé au sens strict.
Le lien avec la personne aidée
Le cercle est plus large qu’on ne l’imagine. Il couvre le conjoint, le partenaire de Pacs ou le concubin, les ascendants et descendants, les collatéraux jusqu’au quatrième degré, ainsi que ceux du conjoint. Il s’étend également à une personne âgée ou handicapée avec laquelle vous résidez ou entretenez des liens étroits et stables, sans lien de parenté exigé. Un voisin de longue date ou un ami proche peut donc entrer dans le champ.
L’état de santé du proche
La personne aidée doit résider en France de façon stable et régulière, et présenter soit un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %, soit une perte d’autonomie correspondant aux groupes iso-ressources 1 à 4, c’est-à-dire ceux qui ouvrent droit à l’allocation personnalisée d’autonomie. Dans la maladie d’Alzheimer, ce classement résulte de l’évaluation réalisée à domicile par l’équipe médico-sociale du département, que nous présentons dans notre article sur le maintien à domicile.
Comment faire la demande à son employeur
La procédure est encadrée, et elle joue en votre faveur.
Un droit qui ne se refuse pas
C’est le point essentiel à connaître : dès lors que les conditions sont réunies et les justificatifs fournis, votre employeur ne peut pas refuser le congé de proche aidant. Il peut discuter des modalités pratiques, notamment en cas de fractionnement ou de passage à temps partiel, mais pas du principe.
Le délai et les pièces à fournir
Informez votre employeur au moins un mois avant la date souhaitée, par un écrit dont vous gardez une trace, idéalement une lettre recommandée avec accusé de réception ou une remise en main propre contre décharge. Précisez la date de début, la durée envisagée et les modalités choisies. Les pièces habituellement demandées sont les suivantes :
- Une déclaration sur l’honneur du lien avec la personne aidée.
- Une déclaration précisant si vous avez déjà utilisé ce congé et pour quelle durée.
- Selon la situation, la décision d’attribution de l’APA avec le GIR, ou le justificatif du taux d’incapacité d’au moins 80 %.
En cas d’urgence, notamment une dégradation brutale de l’état de santé, une situation de crise ou une cessation brutale de l’hébergement en établissement, le congé peut débuter immédiatement et les justificatifs être transmis ensuite.
Durée, fractionnement et protection de votre carrière
La souplesse du dispositif est l’un de ses principaux atouts.
Trois mois renouvelables, un an au total
La durée est fixée par convention ou accord collectif. À défaut, elle est de trois mois, renouvelable, sans pouvoir dépasser un an sur l’ensemble de la carrière. Des dispositions conventionnelles plus favorables peuvent exister dans votre entreprise, cela vaut la peine de vérifier.
Les différentes formules
Vous pouvez prendre le congé en continu, le fractionner, y compris par demi-journées, ou le transformer en activité à temps partiel. Le fractionnement et le temps partiel nécessitent l’accord de l’employeur, et dans ce cas vous devez l’avertir au moins quarante-huit heures avant chaque période d’absence. Cette souplesse permet d’ajuster votre présence aux besoins réels, par exemple pour accompagner à des rendez-vous médicaux ou prendre le relais à des moments précis.
Ce que vous conservez
La période de congé est prise en compte dans le calcul de votre ancienneté, et vous conservez vos avantages acquis. À l’issue, vous retrouvez votre emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente, et vous bénéficiez d’un entretien professionnel. Vous êtes par ailleurs affilié à l’assurance vieillesse des aidants, qui permet de valider des trimestres de retraite pendant cette période. Le congé peut aussi prendre fin de façon anticipée, notamment en cas de décès de la personne aidée, d’admission en établissement, de recours à un service d’aide à domicile ou de relais par un autre aidant.
Accompagner aujourd’hui, chercher pour demain
Ces dispositifs répondent aux besoins d’aujourd’hui. La Fondation Recherche Alzheimer est exclusivement dédiée au financement de la recherche scientifique ainsi qu’à l’information du public, avec 30 millions d’euros engagés depuis 2004. Elle ne propose pas d’accompagnement social ni d’aide à domicile.
L’allocation journalière du proche aidant en 2026
Le congé n’est pas rémunéré par l’employeur, mais il peut être indemnisé.
Les montants applicables
L’allocation journalière du proche aidant, ou AJPA, est versée par la caisse d’allocations familiales ou la mutualité sociale agricole selon votre régime. Au 1er janvier 2026, son montant est de 66,64 euros par journée et 33,32 euros par demi-journée, avec des montants spécifiques à Mayotte. Elle est indexée et revalorisée chaque année.
| Paramètre | Valeur 2026 |
|---|---|
| Montant journalier | 66,64 € |
| Montant demi-journée | 33,32 € |
| Plafond mensuel | 22 jours |
| Durée par personne aidée | 66 jours |
| Plafond sur la carrière | 264 jours, soit 4 proches |
| Organisme payeur | CAF ou MSA |
Un droit rechargeable depuis 2025
Un changement important est intervenu au 1er janvier 2025 : l’allocation est désormais rechargeable. Si vous accompagnez successivement plusieurs proches, un nouveau compteur de 66 jours s’ouvre pour chacun, dans la limite de quatre personnes aidées et de 264 jours sur l’ensemble de la carrière. Auparavant, le plafond de 66 jours valait pour toute la vie professionnelle.
Les règles de cumul
L’AJPA n’est pas cumulable avec certaines prestations, notamment les indemnités journalières de maladie, maternité ou accident du travail, les allocations de chômage, la prestation partagée d’éducation de l’enfant ou l’allocation journalière de présence parentale. Si plusieurs membres d’une même famille se relaient auprès du même proche, chacun ouvre en revanche son propre droit. La demande se fait auprès de la CAF ou de la MSA, avec une attestation complétée par l’employeur pour les salariés en congé.
Les autres soutiens mobilisables
Le congé de proche aidant s’inscrit dans un ensemble plus large, et il gagne à être combiné avec d’autres dispositifs. Le don de jours de repos entre collègues, le congé de solidarité familiale pour une personne en fin de vie et les dispositifs prévus par votre convention collective peuvent compléter le tableau. Côté répit, l’accueil de jour, l’hébergement temporaire et les plateformes d’accompagnement et de répit départementales offrent des solutions de relais, que nous détaillons dans notre article sur les solutions de répit, auxquelles s’ajoute le relayage à domicile présenté dans notre article sur le baluchonnage. L’épuisement des aidants est documenté et ses conséquences sur leur propre santé sont réelles, comme nous l’expliquons dans notre article sur le burn-out des aidants : prendre du répit n’est pas se décharger, c’est ce qui permet de tenir dans la durée. Pour l’accompagnement au quotidien, les groupes de parole et les formations, il existe des associations d’aidants partout en France, et le site uniscontrealzheimer.fr propose des ressources pertinentes. Retenez l’essentiel : le congé de proche aidant est un droit que votre employeur ne peut refuser, accessible sans ancienneté, indemnisable à hauteur de 66,64 euros par jour en 2026, et il préserve votre ancienneté comme vos droits à la retraite.
Pour qu’un jour l’accompagnement ne soit plus nécessaire
Mieux accompagner est indispensable aujourd’hui. Faire en sorte qu’il n’y ait plus besoin d’accompagner est l’objectif ultime de la Fondation. Premier financeur privé français de la recherche sur la maladie, elle finance des projets d’excellence sélectionnés par un comité scientifique européen indépendant. Reconnue d’utilité publique et labellisée IDEAS. Un don de 60 euros finance 60 minutes de recherche, avec 66 % de réduction d’impôt sur le revenu, ou 75 % au titre de l’IFI.
Questions fréquentes
Qui peut prendre un congé de proche aidant ?
Tout salarié, sans condition d’ancienneté, qui accompagne une personne en perte d’autonomie ou en situation de handicap résidant en France de façon stable. Les agents publics disposent d’un dispositif équivalent.
Le lien peut être familial, jusqu’aux collatéraux du quatrième degré, mais aussi relever de liens étroits et stables avec une personne sans lien de parenté.
L’employeur peut-il refuser ?
Non. Dès lors que les conditions sont réunies et les justificatifs fournis, le congé de proche aidant est un droit. L’employeur peut seulement discuter des modalités pratiques en cas de fractionnement ou de temps partiel.
Informez-le au moins un mois avant par un écrit dont vous conservez une trace. En cas d’urgence, le congé peut débuter immédiatement.
Quelle est la durée maximale ?
À défaut d’accord collectif plus favorable, la durée est de trois mois renouvelables, dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière.
Le congé peut être pris en continu, fractionné y compris par demi-journées, ou transformé en temps partiel, ces deux dernières formules nécessitant l’accord de l’employeur.
Quel est le montant de l’AJPA en 2026 ?
Au 1er janvier 2026, l’allocation journalière du proche aidant s’élève à 66,64 euros par journée et 33,32 euros par demi-journée, dans la limite de 22 jours par mois.
Elle est versée pendant 66 jours par personne aidée, et depuis 2025 le droit est rechargeable jusqu’à quatre proches, soit 264 jours maximum sur la carrière.
Mes droits à la retraite sont-ils préservés ?
Oui. Vous êtes affilié à l’assurance vieillesse des aidants, qui permet de valider des trimestres pendant la période de congé. Votre ancienneté est également maintenue.
À l’issue du congé, vous retrouvez votre emploi ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente, et vous bénéficiez d’un entretien professionnel.
Peut-on cumuler l’AJPA avec d’autres revenus ?
Non avec certaines prestations, notamment les indemnités journalières de maladie, maternité ou accident du travail, les allocations de chômage ou l’allocation journalière de présence parentale.
En revanche, si plusieurs membres d’une famille se relaient auprès du même proche, chacun ouvre son propre droit à l’allocation.




