L’essentiel à retenir
78 % des Français se déclarent inquiets face à la maladie d’Alzheimer, qui arrive au deuxième rang des maladies qui les préoccupent le plus, derrière le cancer. Près d’un Français sur deux se dit concerné, dont 30 % directement. Cette proximité ne s’accompagne pourtant pas d’une bonne connaissance de la maladie : 51 % estiment manquer d’information, 62 % ne se sentent pas suffisamment informés sur les signes précoces, et plusieurs idées reçues restent largement partagées, notamment sur l’hérédité et sur les troubles de la mémoire liés à l’âge.
Une maladie peut occuper une place considérable dans les conversations et rester mal connue. C’est précisément ce que montre le sondage OpinionWay réalisé pour la Fondation Recherche Alzheimer les 10 et 11 juin 2026 auprès de 1 001 personnes représentatives de la population française. La maladie d’Alzheimer y figure au deuxième rang des préoccupations de santé, la moitié des répondants s’estiment concernés de près ou de loin, et pourtant une majorité reconnaît ne pas savoir en repérer les premiers signes.
Nous vous proposons de reprendre ces résultats un par un, et de confronter les idées reçues qu’ils mettent au jour à ce que la recherche établit aujourd’hui.
Sommaire
Une maladie redoutée, et désormais proche
Le premier enseignement tient en une position dans un classement, et il en dit long sur la place prise par la maladie dans l’esprit des Français.
Deuxième maladie la plus préoccupante, derrière le cancer
Interrogés sur les maladies qui les préoccupent le plus, avec trois réponses possibles, les Français citent le cancer en premier (72 %), puis la maladie d’Alzheimer (56 %), devant les maladies cardiovasculaires (46 %), la maladie de Charcot (26 %), la maladie de Parkinson (18 %), le diabète (15 %), la sclérose en plaques et le VIH (11 % chacun). Cette deuxième place est stable dans presque tous les sous-groupes, ce qui est rarement le cas dans ce type d’enquête.
| Maladie citée | Part des Français |
|---|---|
| Le cancer | 72 % |
| La maladie d’Alzheimer | 56 % |
| Les maladies cardiovasculaires | 46 % |
| La maladie de Charcot | 26 % |
| La maladie de Parkinson | 18 % |
| Le diabète | 15 % |
78 % d’inquiets, dont près d’un tiers très inquiets
À la question directe « la maladie d’Alzheimer vous inquiète-t-elle ? », 78 % des répondants répondent par l’affirmative : 29 % se disent beaucoup inquiets et 49 % assez inquiets. À l’inverse, 18 % se déclarent peu inquiets et 4 % pas du tout. Autrement dit, moins d’un Français sur quatre aborde ce sujet sans appréhension.
Près d’un Français sur deux se dit concerné
49 % des personnes interrogées se déclarent concernées par la maladie. Dans le détail, 30 % le sont directement, essentiellement parce qu’un membre de leur famille ou un ami en est atteint ou l’a été, et 19 % connaissent une personne plus éloignée, un collègue ou un voisin. La maladie n’est donc plus une abstraction pour la moitié de la population. En France, 1,4 million de personnes seraient atteintes de maladies neurodégénératives, la maladie d’Alzheimer étant la plus répandue.
Qui se déclare le plus inquiet
Derrière la moyenne de 78 %, les écarts entre profils sont nets et quelques-uns méritent qu’on s’y arrête.
| Profil | Part de personnes inquiètes |
|---|---|
| Femmes | 83 % |
| Hommes | 73 % |
| Moins de 35 ans | 84 % |
| 35 ans et plus | 76 % |
| Personnes concernées par la maladie | 88 % |
| Personnes non concernées | 68 % |
| Se sentent bien informées | 86 % |
| Se sentent mal informées | 71 % |
L’inquiétude précoce des plus jeunes
Le résultat le plus frappant vient des 18-24 ans : 88 % d’entre eux se disent inquiets, soit le niveau le plus élevé de l’échantillon, et 50 % citent Alzheimer parmi les trois maladies qui les préoccupent le plus. Ces jeunes adultes sont pourtant très éloignés de l’âge où la maladie se manifeste, puisque l’immense majorité des cas survient après 65 ans. Les formes à début précoce existent et sont réelles, mais elles restent minoritaires, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’Alzheimer précoce. Cette inquiétude anticipée traduit probablement moins une crainte pour soi qu’une crainte pour ses parents et ses grands-parents.
Être informé ne rassure pas
Le résultat le plus contre-intuitif de l’étude concerne le niveau d’information. Les personnes qui s’estiment bien informées sur la maladie sont plus nombreuses à se déclarer inquiètes (86 %) que celles qui s’estiment mal informées (71 %). Deux explications peuvent se compléter. Les personnes bien informées mesurent précisément ce que la maladie implique, et savent qu’aucun traitement curatif n’existe à ce jour. Elles sont par ailleurs souvent celles qui ont un proche touché, ce qui a été à la fois leur source d’information et la cause de leur inquiétude. Cela n’enlève rien à l’intérêt d’informer : savoir repérer les premiers signes et connaître les facteurs sur lesquels on peut agir change concrètement les choses, même quand cela n’apaise pas.
Un niveau d’information encore insuffisant
La proximité avec la maladie ne produit pas mécaniquement de la connaissance, et c’est le deuxième enseignement de l’étude.
Les signes précoces, premier angle mort
51 % des Français estiment manquer d’information sur la maladie en général, et 62 % déclarent ne pas être suffisamment informés sur les signes précoces. Seuls 23 % se sentent bien informés sur les avancées de la recherche, et 27 % sur les moyens de prévention. Ce déficit a une conséquence directe. Entre les premiers troubles et la consultation, il s’écoule souvent plusieurs mois, parfois des années, pendant lesquelles les symptômes sont attribués à la fatigue ou à l’âge. Nous détaillons ce qui doit conduire à consulter dans notre article sur les 10 signes qui doivent alerter, et la démarche à suivre dans celui consacré au début de la maladie.
Une information qui passe surtout par l’expérience personnelle
L’étude montre d’où vient cette information. 47 % des Français déclarent avoir entendu parler de la maladie à travers l’expérience d’un proche, 40 % par les médias, 23 % par des campagnes de sensibilisation, et seulement 9 % par des associations ou des fondations. Autrement dit, la connaissance de la maladie se construit encore largement en dehors des canaux conçus pour cela, au gré des situations vécues. C’est une raison suffisante pour renforcer l’information du grand public, et c’est l’une des deux missions de la Fondation.
Informer fait partie du travail
La Fondation Recherche Alzheimer est exclusivement dédiée au financement de la recherche scientifique ainsi qu’à l’information du public, avec 30 millions d’euros engagés depuis 2004. Elle ne propose pas d’accompagnement social ni d’aide à domicile. Les projets qu’elle soutient portent sur le diagnostic précoce, la médecine de précision par les biomarqueurs et les nouvelles voies thérapeutiques.
Quatre idées reçues que l’étude met en évidence
Le sondage ne mesure pas seulement un sentiment d’information, il teste des connaissances précises. Les écarts entre ce que les Français croient savoir et ce que la recherche établit sont parfois considérables.
| Idée reçue | Ce que montre l’étude |
|---|---|
| La maladie est héréditaire | 30 % seulement savent qu’elle ne l’est pas dans la très grande majorité des cas |
| Perdre la mémoire après 70 ans est normal | 31 % des Français le pensent |
| Aucun test fiable n’existe | 33 % seulement savent que des tests fiables sont disponibles |
| La recherche est financée comme celle sur le cancer | 33 % seulement savent que les financements sont nettement inférieurs |
« Alzheimer est une maladie héréditaire »
C’est l’idée reçue la plus répandue, et la plus anxiogène pour les familles. Seuls 30 % des personnes interrogées savent que la maladie n’est pas héréditaire dans sa forme habituelle. Les formes génétiques à transmission directe, liées à des mutations des gènes APP, PSEN1 ou PSEN2, représentent moins de 1 % des cas. Pour tous les autres, il existe des facteurs de prédisposition, dont le gène APOE4, qui augmentent le risque sans le déterminer. Avoir un parent malade ne condamne pas, et nous développons ce point dans notre article sur le caractère héréditaire de la maladie.
« Après 70 ans, perdre la mémoire est normal »
31 % des Français en sont convaincus, et cette croyance est l’une des causes du retard diagnostique. La nuance est pourtant claire. Le vieillissement normal ralentit la récupération des souvenirs : on cherche un mot, un prénom, et l’information finit par revenir. La maladie d’Alzheimer, dans sa forme la plus fréquente, empêche l’enregistrement des événements récents, de sorte que l’information ne revient pas même avec un indice, et les troubles s’aggravent en retentissant sur l’autonomie. Nous détaillons cette distinction, ainsi que les nombreuses causes réversibles de troubles de la mémoire, dans notre article sur les maladies qui provoquent des pertes de mémoire.
« Il n’existe aucun test fiable »
Seul un tiers des Français sait que des outils fiables existent désormais pour aider au diagnostic. Le dosage sanguin de la protéine tau phosphorylée en position 217, la pTau217, est disponible dans certains centres mémoire hospitaliers et laboratoires de ville. Une précision s’impose toutefois, car elle est régulièrement perdue en route : il ne s’agit pas d’un test de dépistage. Il est prescrit en seconde intention, après examen clinique et évaluation cognitive, chez des personnes présentant déjà des troubles. Chez une personne sans symptôme, il n’a pas d’intérêt validé et produirait de nombreux faux positifs. Nous présentons cet outil dans notre article sur le test sanguin disponible en France.
« La recherche sur Alzheimer est financée comme celle sur le cancer »
33 % des répondants seulement savent que les financements consacrés à la recherche sur la maladie d’Alzheimer sont nettement inférieurs à ceux alloués au cancer. L’écart est d’autant plus difficile à justifier que les deux pathologies occupent les deux premières places du classement des préoccupations des Français. Cette méconnaissance a un effet concret : on ne soutient pas une cause dont on croit qu’elle est déjà financée.
« La maladie d’Alzheimer est aujourd’hui au cœur de la vie de millions de Français. Pourtant, cette proximité ne s’accompagne pas toujours d’une bonne compréhension. Il est essentiel de mieux informer, de lutter contre les idées reçues et de renforcer la mobilisation en faveur de la recherche », déclare le Dr Olivier de Ladoucette, président de la Fondation Recherche Alzheimer.
Ce que la Fondation fait de ces résultats
Un sondage n’a d’intérêt que s’il déclenche quelque chose. Celui-ci a nourri deux chantiers de la Fondation.
Septembre Mauve, un mois pour corriger ce que l’on croit savoir
La Fondation a lancé Septembre Mauve, mois national de mobilisation dédié à la sensibilisation à la maladie et au soutien de la recherche, autour de trois objectifs : améliorer l’information du grand public, déconstruire les idées reçues et mobiliser autour de la recherche. Le programme et les actions sont présentés sur septembremauve.fr.
Moderniser les parcours de soins
Le second chantier est moins visible et tout aussi déterminant. La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées se trouvent à un moment charnière : des thérapies sont désormais approuvées, des biomarqueurs sanguins permettent d’identifier les signes biologiques des années avant l’apparition des symptômes, et des stratégies de prévention fondées sur les preuves existent. Les systèmes de santé restent pourtant organisés autour d’un modèle réactif, qui intervient lorsque la maladie est cliniquement manifeste et déjà largement irréversible. La Fondation soutient à ce titre une initiative internationale dédiée à la redéfinition des parcours cliniques, conduite par le Pr Giovanni Frisoni, président de son comité scientifique européen. Elle poursuit en parallèle ses « RDV Mémoire », qui visent à favoriser le diagnostic précoce et l’information du grand public.
« Nous sommes à un tournant où les innovations scientifiques doivent enfin se traduire en parcours de soins plus lisibles, plus efficaces et plus accessibles », résume le Dr Olivier de Ladoucette. C’est bien le message que porte ce sondage : la maladie d’Alzheimer inquiète les Français plus que presque toute autre, elle concerne la moitié d’entre eux, et c’est sur la connaissance des premiers signes, la réalité du risque héréditaire et l’existence d’outils de diagnostic que l’effort d’information doit porter en priorité.
Soutenir la recherche sur la maladie d’Alzheimer
Reconnue d’utilité publique et labellisée IDEAS, la Fondation Recherche Alzheimer finance des projets d’excellence sélectionnés par un comité scientifique européen indépendant, autour du diagnostic précoce, des biomarqueurs et des nouvelles voies thérapeutiques. Un don de 60 euros finance 60 minutes de recherche et ouvre droit à 66 % de réduction d’impôt sur le revenu, ou à 75 % au titre de l’IFI. Mieux informer est indispensable aujourd’hui, faire en sorte qu’il n’y ait plus de nouveaux cas est l’objectif ultime de la Fondation.
→ Faire un don à la Fondation Recherche Alzheimer
Sondage OpinionWay pour la Fondation Recherche Alzheimer, réalisé les 10 et 11 juin 2026 auprès d’un échantillon de 1 001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas et interrogé en ligne. Les données de prévalence proviennent de l’enquête Ipsos BVA pour la Fondation Recherche Alzheimer réalisée du 3 avril au 1er mai 2025 auprès de 10 004 Français âgés de 30 ans et plus.
FAQ
Quelle place occupe la maladie d’Alzheimer dans les préoccupations des Français ?
La deuxième, derrière le cancer. Interrogés sur les maladies qui les préoccupent le plus, 72 % des Français citent le cancer et 56 % la maladie d’Alzheimer, devant les maladies cardiovasculaires (46 %).
Cette deuxième place se retrouve dans presque tous les sous-groupes, y compris chez les 18-24 ans, dont 50 % citent la maladie.
Combien de Français se disent inquiets face à la maladie d’Alzheimer ?
78 %, dont 29 % qui se déclarent beaucoup inquiets et 49 % assez inquiets. À l’inverse, 18 % se disent peu inquiets et 4 % pas du tout.
L’inquiétude est plus marquée chez les femmes (83 % contre 73 % des hommes), chez les moins de 35 ans (84 % contre 76 %) et chez les personnes concernées par la maladie (88 % contre 68 %).
Combien de Français sont concernés par la maladie d’Alzheimer ?
49 % se déclarent concernés de près ou de loin, dont 30 % directement, le plus souvent parce qu’un membre de leur famille ou un ami est ou a été atteint. 19 % connaissent une personne plus éloignée, collègue ou voisin.
En France, 1,4 million de personnes seraient atteintes de maladies neurodégénératives, la maladie d’Alzheimer étant la plus répandue.
La maladie d’Alzheimer est-elle héréditaire ?
Non, pas dans sa forme habituelle, et seuls 30 % des Français le savent. Les formes génétiques à transmission directe, liées aux gènes APP, PSEN1 ou PSEN2, représentent moins de 1 % des cas.
Il existe en revanche des facteurs de prédisposition, dont le gène APOE4, qui augmentent le risque sans le déterminer.
Existe-t-il un test fiable pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer ?
Des outils fiables d’aide au diagnostic existent, ce que seuls 33 % des Français savent. Le dosage sanguin de la pTau217 est disponible dans certains centres mémoire hospitaliers et laboratoires de ville.
Il ne s’agit pas d’un test de dépistage : il est prescrit en seconde intention chez des personnes présentant déjà des troubles, et n’a pas d’intérêt validé en l’absence de symptôme.
Les Français sont-ils bien informés sur la maladie d’Alzheimer ?
Non. 51 % estiment manquer d’information et 62 % ne se sentent pas suffisamment informés sur les signes précoces. Seuls 23 % se sentent bien informés sur les avancées de la recherche et 27 % sur la prévention.
Cette information passe surtout par l’expérience d’un proche (47 %) ou par les médias (40 %), et seulement par des associations ou fondations pour 9 % des répondants.




