
Le rôle des récepteurs nicotiniques dans les troubles cognitifs de la maladie d’Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est la principale cause de démence et touche des millions de personnes dans le monde. Malgré des avancées importantes, les traitements actuellement disponibles ne permettent que d’atténuer temporairement certains symptômes, sans ralentir véritablement la progression de la maladie. Il est donc essentiel de mieux comprendre les mécanismes précoces qui conduisent aux troubles de la mémoire et des fonctions cognitives afin de développer de nouvelles approches thérapeutiques. Notre cerveau fonctionne grâce à la communication entre les neurones. Cette communication est notamment régulée par une molécule appelée acétylcholine, dont le fonctionnement est altéré dans la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, l’accumulation de protéines toxiques, en particulier le peptide amyloïde-β, est l’une des caractéristiques majeures de cette maladie. Des travaux récents suggèrent que ces deux phénomènes interagissent dès les premiers stades de la pathologie, mais les mécanismes précis restent encore mal connus. Nos recherches portent sur une région du cerveau essentielle aux fonctions cognitives, le cortex préfrontal. Nous nous intéressons plus particulièrement à une fine couche située à sa surface, qui joue un rôle central dans l’intégration des informations nécessaires à la prise de décision, à l’attention et à la mémoire. Nous avons récemment montré que le peptide amyloïde perturbe le fonctionnement de récepteurs spécifiques de l’acétylcholine présents sur certaines populations de neurones inhibiteurs. Nous pensons que cette altération entraîne un déséquilibre de l’activité des réseaux neuronaux, qui pourrait être à l’origine des premiers déficits cognitifs observés dans la maladie d’Alzheimer. Pour tester cette hypothèse, nous utiliserons des modèles de souris reproduisant les premiers stades de la maladie. Nous combinerons des tests de mémoire et d’attention, des techniques permettant de contrôler sélectivement l’activité de certaines populations de neurones, ainsi que des méthodes d’imagerie permettant d’observer en temps réel l’activité des neurones pendant que les animaux réalisent des tâches cognitives. À terme, ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes précoces responsables des troubles cognitifs de la maladie d’Alzheimer et pourrait ouvrir la voie au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine afin de préserver le fonctionnement des circuits cérébraux.




















