Les seniors seraient un fardeau ? Pas si sûr !

Article rédigé par Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation,

le 6 juin 2012

La proportion des seniors dans la population va crescendo. Imaginer qu’ils puissent n’être qu’un poids insupportable pour nos finances publiques est pour le moins réducteur, voire erroné ! D’après une communication du Professeur Axel Kahn, généticien, Président de l’Université Paris Descartes, aux Entretiens de la Fondation pour la Recherche sur la maladie d’Alzheimer qui ont eu lieu le 19 mars 2012.

Notre espérance de vie à la naissance a augmenté de façon considérable. Un bébé né aujourd’hui peut espérer vivre près de 80 ans, contre 50 ans au début du siècle dernier. Cette hausse sans pause de notre longévité est une conséquence du progrès économique, médical et de l’éducation à la santé de nos pays. Elle déchaîne des vagues d’optimisme, notamment parce qu’elle laisse espérer pour soi-même une vie plus longue en bonne santé… De façon singulière, il en est aussi pour déplorer ce succès ! Car si la longévité augmente, le nombre de personnes âgées croît et, avec lui, le nombre de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer. Et le chœur éploré des pleureuses de faire remarquer que jamais nos sociétés n’auront les moyens (économiques) de supporter un tel fardeau.
Plusieurs signaux contredisent pourtant ce pessimisme ambiant. Tout d’abord, de nombreuses projections économiques concluent qu’une société où les sexagénaires et au-delà représentent plus du tiers de la population peut être parfaitement prospère et équilibrée. Les seniors sont très disponibles et possède un fort pouvoir d’achat. Ils génèrent une activité économique importante. Par ailleurs, rien n’indique que les progrès dont nous avons été capables jusqu’ici vont s’arrêter là. Les chercheurs ont fait des avancées stupéfiantes ces dernières années dans la compréhension des mécanismes biologiques du vieillissement. Dans les dix ans à venir, nous devrions être capables de freiner le vieillissement. Les maladies plus fréquentes avec l’âge, comme la maladie d’Alzheimer, vont-elles pour autant connaître une véritable inflation ? Rien n’est moins sûr, car elles pourraient survenir elles aussi de façon plus tardive !
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