Fugues

COMPRENDRE, POUR MIEUX PREVENIR

Près de 20% des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer fuguent de leur domicile à un moment ou l’autre, et parfois de façon répétée. Comment s’explique ce comportement ? Et comment l’éviter ? S’enfuir de son lieu de vie – autrement dit fuguer – laisse supposer un acte volontaire, voire prémédité. Ces qualificatifs ne s’appliquent pas toujours aux fugueurs atteints de la maladie d’Alzheimer.

A chacun ses raisons

Certains éprouvent un besoin quasi compulsif de marcher au quotidien. Leur déambulation peut les conduire à sortir du domicile, par simple besoin d’explorer ou de s’occuper. D’autres quittent un environnement qu’ils ne reconnaissent plus comme le leur, pour partir à la recherche d’un territoire connu (quartier de leur jeunesse, entreprise…). La fugue peut aussi s’expliquer par une envie de faire « comme avant » (aller travailler, retrouver ses enfants à la sortie de l’école…), parfois à des horaires atypiques et notamment la nuit. Ailleurs, le départ est provoqué par une anxiété majeure. Une tension avec ses proches, des bruits perturbants ou un changement de l’environnement familier peut ainsi provoquer le désir de fuir un lieu perçu comme source de mal-être. Un problème médical (fièvre, douleur…), des idées délirantes ou des hallucinations sont également susceptibles de provoquer une fugue. Dans tous les cas, la personne malade risque de se perdre une fois à l’extérieur, en raison de ses difficultés à s’orienter dans l’espace et dans le temps. Elle peut errer pendant des heures, ce qui majore son angoisse, et donc ses troubles…

Des possibilités d’action en amont

L’empêcher à tout prix de sortir risque d’exacerber son envie de partir. A contrario, certaines mesures renforceront son envie de rester. Une première bonne idée anti-fugue consiste à l’occuper durant la journée. Promenades régulières à l’extérieur, et activités à l’intérieur (aider à mettre la table, écouter ses chansons préférées, jeux…) canalisent l’envie d’agir et rythment la journée. De même, l’environnement de vie sera perçu comme plus rassurant s’il est stable. Mieux vaut éviter les grands travaux (changement de couleurs des murs, ou de destination d’une pièce…), et parsemer le lieu de vie de repères chers au coeur de la personne malade(photos, tableaux, souvenirs…..). En prévention, il faut s’efforcer de ne jamais la laisser seule, sans surveillance. Fermer à clé la porte d’entrée du logement réduit également les risques de sortie inopinée. Des médicaments sont rarement indiqués, hors délire et hallucinations. Quand les fugues se répètent malgré tout, ce peut être le signal qu’il est temps de recourir à une solution de répit temporaire, voire à une entrée en institution.

La technologie à la rescousse

SI RIEN NE REMPLACE LA VIGILANCE DU PERSONNEL, CERTAINES STRUCTURES D’ACCUEIL RECOURENT A DES MESURES COMPLEMENTAIRES, AU CAS OU… IL S’AGIT DANS LA MAJORITE DES CAS D’UN DIGICODE, QUI COMMANDE L’OUVERTURE DE LEUR PORTE D’ENTREE. PLUS RAREMENT, LES ETABLISSEMENTS MUNISSENT LEURS RESIDENTS D’UN BRACELET « ANTI-FUGUE » COUPLE A UN SYSTEME DE GEOLOCALISATION, VOIRE S’EQUIPENT D’UN DISPOSITIF DE VIDEOSURVEILLANCE.


Sources : Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement, Annales médico-psychologiques



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